Description
Beyrouth est comme gravée dans mon esprit, mais seulement pendant la guerre. À ce moment-là, elle prend forme et dimension, quelque chose que je peux saisir. En revanche, en temps de paix, la vie me semble inaccessible, comme une gare où je ne parviens même pas à effleurer du bout des doigts. Beyrouth me paraît maintenant être un grand cratère, rempli de crevasses et de petites cavités, dépouillé, sauf pour quelques petites herbes vertes qui s'accrochent fermement aux bords du trou. J'avais commencé mes lettres en disant que j'étais prisonnière, et maintenant j'essaie de voir ces petites herbes, car c'est tout ce que ma terre produit. C'est ici ma vie, et chaque pays a la sienne. « Tu sais quoi ? Tu es devenue accro à la guerre. »