Le mot du libraire
La liberté a un goût amer pour Said Mahrone lorsqu’il sort de prison tant il est obsédé par son désir de vengeance envers ceux qui l’ont trahi : Aliche son ex-compère en trafics divers, sa femme Nabawiyya qui a très vite renoncé à son amour et surtout Raouf Elouane, son mentor et maître en politique qui a trahi ses idéaux de jeunesse. Un roman noir, sombre, au rythme intense dans lequel Mahfouz nous plonge dans la quête désespérée de justice de Said. Un texte à part dans l’œuvre du Prix Nobel de littérature égyptien. Ecrit en 1961, on pourrait y voir une métaphore de l’Egypte d’alors où la corruption, le cynisme et la corruption ont supplanté les ambitions réformatrices et la justice sociale de l’Etat. Une sombre beauté !
Description
"A nouveau, il respire le souffle de la liberté, mais l'air est chargé d'une poussière suffocante et d'une chaleur insoutenable. Il retrouve son complet bleu et ses chaussures de caoutchouc, mais il n'y a personne pour l'attendre. Voici la vie qui reprend son cours, voici la porte muette de la prison qui se referme sur les secrets désespérés. (...) L'heure est venue pour que la colère éclate et se consume, l'heure est venue pour que les traîtres désespèrent jusqu'à la mort et que la trahison expie le péché de sa face difforme." Le voleur Saïd Mahrane sort de prison. Le plan d'action établi dès les premières lignes du roman, il tentera de le mener à terme dans la fièvre du Caire, mais bientôt le hasard et son destin malheureux le rattraperont... Sur le mode de la trahison, Naguib Mahfouz décline les déceptions d'un homme désespéré, tout en brossant — de la femme traîtresse au sage mystique, de la prostituée amoureuse au renégat arrivé — les portraits de personnages emblématiques de son oeuvre.