Le mot du libraire
Médée est sculptrice. Ismaïl est chirurgien. Ils sont mariés depuis trente ans. En route pour Sidney, et durant l'escale à Paris, il s'est absenté. Une absence qui semble dépasser la barrière du temps et s'éterniser. Effectivement, Ismaïl a abandonné sa femme. Un choc suivi d'un renoncement total au mal. Le corps de Médée se désintègre, son âme est endolorie. En taillant les pierres, elle découvre à travers la sculpture la fragilité des relations humaines et les liens éphémères qui lient les êtres vivants. Trente ans de vie conjugale et d'amour, que Médée a cru être éternels, se sont brisés entre deux vols. Comment souder les miettes de son âme ? Comment percevra-t-elle désormais ce corps brisé, délaissé ? L'amour filial pourra-t-il panser ses plaies et consoler la mère en elle . La sculpture est-elle l'exorcisme de son mal ou l'ultime enferment de son âme dans la douleur ?
Description
Dans un aéroport, une femme attend : son époux s'est absenté un instant. Ismaïl est chirurgien, Médée est sculpteuse. En escale à Paris, ils partent pour Sydney, mais l'embarquement de leur vol vient d'être clôturé, Ismaïl ne reviendra pas, et Médée se fige. Mariée depuis vingt-cinq ans, Médée n'a cessé de célébrer leur couple, comblée par la naissance de ses enfants, assumant sa vie de mère et l'édification d'une oeuvre remarquable, elle ne pouvait pas imaginer une telle chute. Immobile, elle va circonscrire le sas où l'a placée la violence de l'abandon, et s'installer dans une chambre de l'hôtel attenant à l'aéroport. Sur un fil, funambule, Médée s'apprête à traverser le miroir. Car plus fortes que son corps dévasté, que ses sombres pensées, ses mains vont se saisir encore une fois de la dramaturgie humaine, d'une boule de terre extraire le geste, la trahison, et dès lors les comprendre. Ainsi apparaît la puissance d'une femme, sa résilience, et l'échappée absolue que va lui offrir son art.