Le mot du libraire
L'auteur n'a pas eu le temps de traverser Gibraltar. Alors il continue de magnifier l'Afrique et plus exactement, Casablanca. C'est un polar romancé où il y'a de tout : du vent oriental, des habitués de café, des flics peu scrupuleux, des transactions, de la séduction, du chantage, des sans-papiers et puis Ichrak, que tout le monde désire mais qui ne daigne accorder son amitié qu'à Sese, le congolais. Elle est assassinée. Dès le départ. Mais ce incipit n'est que le prélude à un retour d'événements rocambolesques, relaté dans un style impeccablement amoureux des mots. S.A
Description
Qui a bien pu tuer Ichrak la belle, dans cette ruelle d'un quartier populaire de Casablanca ? Elle en agaçait plus d'un, cette effrontée aux courbes sublimes que tous convoitaient autant qu'ils la craignaient. Tous sauf peut-être Sese, clandestin arrivé de Kinshasa depuis peu, devenu son ami et associé dans un business douteux. Escrocs de haut vol, brutes épaisses ou modestes roublards, les suspects ne manquent pas dans cette métropole du XXIe siècle gouvernée comme les autres par l'argent, le sexe et le pouvoir. Et ce n'est pas l'infatigable Chergui, vent violent venu du désert pour secouer les palmiers, abraser les murs et assécher les larmes, qui va apaiser les esprits... Avec sa lucidité acérée et son humour féroce, In Koli Jean Bofane dénonce la corruption immobilière, la précarité des migrants et la concupiscence masculine. Par son talent de conteur, il bouscule joyeusement une réalité contemporaine tout à fait accablante - la truculence du désespoir.